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Contrôle laitier

Simplifier la pesée avec le LactoCorder

L’arrivée progressive d’un compteur échantillonneur électronique portatif dans les contrôles laitiers permet d’envisager une amélioration de la traçabilité des mesures, une réduction de l’encombrement dans la salle de traite et la production de nouvelles données.

12 février 2007 D. Hardy 1 réactions
La mesure et l’enregistrement des poids de laits se font par le compteur et la prise d’échantillon est automatique.

La mesure et l’enregistrement des poids de laits se font par le compteur et la prise d’échantillon est automatique. - © DH

Pour les gros troupeaux, la pesée du lait est souvent synonyme de bousculades et d’embouteillages dans la fosse de traite. Sachant qu’il faut compter un agent de pesée par tranche de 120 chèvres environ et que la taille moyenne des élevages adhérents au contrôle laitier officiel est passée de 90 à 155 chèvres entre 1990 et 2005, le nombre de peseurs n’a cessé de croître avec la taille des troupeaux. « En Poitou-Charente, il faut 2,4 personnes en moyenne par chantier, mais certaines grosses installations nécessitent jusqu’à six peseurs en plus des trayeurs » explique Julien Gueneau, responsable d’encadrement au contrôle laitier de la Vienne et en charge du projet LactoCorder.

 
Equipé d’un gant avec un Commander, le trayeur bipe la boucle électronique de pâturon puis celle située sur les tuyaux reliant la griffe où la chèvre est branchée.

Equipé d’un gant avec un Commander, le trayeur bipe la boucle électronique de pâturon puis celle située sur les tuyaux reliant la griffe où la chèvre est branchée. - © DH

Pour répondre à cette problématique, les contrôles laitiers de Poitou-Charente en partenariat avec France Contrôle Laitier ont mis au point et expérimenté une nouvelle solution automatisée. Elle se base sur le LactoCorder, un compteur à lait électronique mobile développé depuis les années 90 par une société suisse (www.lactocorder.ch). Le LactoCorder était déjà utilisé en Allemagne et par plusieurs organismes de contrôle laitier français sur les bovins mais jamais en caprin. Après plus de 15 000 tests sur des caprins, le fabricant a pu élaborer des algorithmes de calcul spécifiques aux chèvres et demander l’agrément de son appareil.Pour simplifier l’organisation, il fallait aussi pouvoir récupérer les numéros des chèvres facilement et en limitant les risques d’erreur. Pour cela, les contrôles laitiers ont imaginé une identification par radio fréquence (RFID) avec une puce (tag) placée dans la bague paturon et pouvant être lue à distance sans contact. C’est cette même technologie RFID qui permet de reconnaître facilement l’échantillon de lait prélevé grâce à la puce électronique (transpondeur) placée dans le tube en plastique. Avec ce système, fini le panier où chacun des 60 échantillons avaient une place précise. Les tubes sont collectés en vrac, rangés dans les paniers puis envoyés pour analyses. Le laboratoire de Surgères, partenaires de l’expérimentation, réfléchit d’ailleurs à l’investissement dans un robot lecteur de puce.
Encore des tests avant une éventuelle généralisation
« Depuis un an, des expérimentations ont lieu dans cinq élevages du Poitou-Charentes, explique Julien Gueneau, nous sommes maintenant en phase d’ajustage du protocole et l’appareil est potentiellement utilisable à petite échelle ». Ce système a permis de réduire le nombre d’intervenants et supprimer quasiment toute saisie manuelle en élevage. « Là où il fallait quatre peseurs, les tests nous montrent qu’un seul agent de pesée suffit avec ces nouveaux compteurs à lait » explique Julien Gueneau. Les éleveurs, eux, apprécient le calme, la circulation plus aisée et la fiabilisation des résultats du contrôle.En plus, le LactoCorder analyse en temps direct la courbe d’émission du lait et la compare à celle enregistrée auparavant. Un déphasage trop important de ces courbes entraîne une alerte sur l’appareil et le contrôleur ou l’éleveur peut alors vérifier que le numéro affiché correspond bien à la chèvre traite.

 

 
Hervé Thomas et Julien Gueneau du contrôle laitier de la Vienne : « depuis quatre ans et demi, les cinq contrôles laitiers de Poitou-Charente et de la Vendée ont passé plus de 300 jours à mettre au point l’utilisation du LactoCorder en caprin ».

Hervé Thomas et Julien Gueneau du contrôle laitier de la Vienne : « depuis quatre ans et demi, les cinq contrôles laitiers de Poitou-Charente et de la Vendée ont passé plus de 300 jours à mettre au point l’utilisation du LactoCorder en caprin ». - © DH

« Même si c’est un produit séduisant, ce n’est pas demain matin qu’il sera dans tous les contrôles laitiers » avertit Julien Gueneau en précisant que chaque appareil revient à environ 1 600 euros hors taxe soit dix fois plus que le bon vieux TruTest HI mécanique et gourmand en main d’oeuvre. Le coût de ces compteurs à lait obligera à avoir une logistique très fine afin de les rentabiliser au mieux. L’utilisation dans les contrôles laitiers se fera donc très progressivement, en commençant vraisemblablement par les gros troupeaux qui posent le plus de problème. Novateur et utilisable aussi pour les bovins, le LactoCorder risque néanmoins de s’imposer à terme dans les contrôles laitiers.
 
Le lactoCorder permet d’obtenir facilement la courbe d’éjection du lait. Celle-ci est très caractéristiques d’une chèvre. Les deux exemples ci-dessus montrent des débits d’éjection très semblables à un mois d’intervalle. Chez la chèvre 5204, plutôt rapide à traire, on voit clairement qu’un des deux quartiers est vide au bout d’une minute alors que le second a besoin de plus de temps pour se vidanger. Chez la chèvre 3259, le débit maximal ne dépasse pas un kilo par minute.

Le lactoCorder permet d’obtenir facilement la courbe d’éjection du lait. Celle-ci est très caractéristiques d’une chèvre. Les deux exemples ci-dessus montrent des débits d’éjection très semblables à un mois d’intervalle. Chez la chèvre 5204, plutôt rapide à traire, on voit clairement qu’un des deux quartiers est vide au bout d’une minute alors que le second a besoin de plus de temps pour se vidanger. Chez la chèvre 3259, le débit maximal ne dépasse pas un kilo par minute. - © CL Vienne

Cinétique de traite
En plus de prélever un échantillon et de mesurer la quantité de lait, le LactoCorder mesure tout un tas de données pour la plupart encore inexploitées. Ainsi la température, la conductivité ou le pourcentage de mousse sont mesurés par l’appareil. Resté branché pendant le nettoyage, le compteur à lait enregistre aussi des données sur la durée et la température de lavage. Pour l’instant, les données concernant la vitesse et le débit de traite offrent le plus de perspective. En effet, la vitesse de traite peut aller du simple au triple selon l’animal et il semble que le débit de lait soit fortement héritable chez la chèvre. Avec des données suffisamment nombreuses, on peut imaginer qu’à l’avenir la sélection des animaux se base aussi sur l’aptitude à la traite.
 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    Les contrôles laitiers, comme l'insémination artificielle, doivent de plus en plus s'adapter à l'augmentation de tailles des troupeaux...

    Damien - le 16 février 2007 à 11:35:33

 
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